12 juillet 2017ap.J.6-C.

L’Islam et la valeur de la science

L’un des bienfaits dont Allah a Gratifié les croyants en ce Livre, c’est que le chercheur au sujet de la science et sa place éminente n’a que réfléchir sur les premiers versets révélés du Coran à savoir : « Lis, au nom de ton Seigneur Qui a Créé ! Qui a créé l’homme d’une jonction [sanguine] ! Lis, car ton Seigneur est Tout -Généreux ! Il a Enseigné par la plume, Il a Enseigné à l’homme ce qu’il ne savait pas. » (al-’Alaq, l’Adhérence, v. 1-5]. 
Ce sont donc cinq courts versets dans lesquels Allah, le Très-Haut, a Ordonné deux fois de lire en confirmant le rang le plus élevé de la science et de l’apprentissage en mentionnant la plume en tant qu’outil et moyen de savoir. Cette introduction montre jusqu’à quel point l’Islam célèbre la valeur de la science et met l’accent sur sa place en rappelant même sa grande importance en matière de distinction entre le bien et le mal, le vrai et le faux.
Celui qui examine attentivement le statut de la science dans le noble Coran sera « étonné du fait qu’un Prophète ait été envoyé afin d’appeler à la lecture et de saluer la science et la plume alors qu’il est illettré, ’ummi, qui ne savait ni lire ni écrire. Il n’a jamais non plus tenu la plume toute sa vie ni pour apprendre ni pour enseigner. Il a aussi vécu dans une société ignorante qui n’est habituée ni à lire, ni à écrire, ni à apprendre, ni à enseigner. C’est donc dans une telle société que le terme «’iqra’ (Lis) » était le premier verbe divin qui touche son honorable ouïe, et remplit tout son esprit et son cœur, et que le discours sur la connaissance et l’apprentissage devient le premier message qu’avec lequel il sonne aux oreilles sourdes et aux cœurs aveugles qui ne savent pas ce qui est la science ou l’apprentissage.
Pour peu que vous vous étonniez, vous serez surpris du cas de ce Prophète illettré qui a reçu l’ordre de lire alors qu’il n’en avait aucune idée d’une certaine manière, car il n’a jamais lu ni écrit de sa propre main comme le constate le Noble Coran disant : « Avant [le Coran], tu ne [savais] lire aucun livre, ni tracer [de ligne] de ta dextre, car alors les négateurs auraient été pris de soupçons. » (Sourate al-‘Ankabūt, l’Araignée v.48). 
Et l’aspect miraculeux dans ce verset consiste à prouver à la fois sa connaissance et son illettrisme, car les deux aspects sont opposés et ne se rencontrent pas dans la réalité : prouver l’un exclut inévitablement l’autre.
 
L’imam al-Buṣayrī, l’Alexandrin, a mentionné ce miracle dans son célèbre poème al-Burdah, quand il a dit en s’adressant au Messager d’Allah (pbAsl) :
Il te suffit comme miracle le savoir de l’illettré au temps de l’ignorance et la bonne éducation pour un orphelin
Par la connaissance ou la science, ‘ilm, nous entendons ce que le noble Coran contient nous demande en nous incitant à rechercher la sagesse, le savoir, tout ce qui réalise notre bonheur dans le monde d’ici-bas et dans l’au-delà, et l’information sur les choses jusqu’à alors inconnues. Nous y trouvons des informations sur les livres révélés avant le Coran, les récits des Prophètes antérieurs et des siècles lointains, et aussi des informations sur des événements futurs qui ont eu lieu pendant sa vie, comme il l’a raconté et de la façon qu’il avait mentionnée.
En effet, les esprits des Qurayshites étaient confus au sujet de cet illettré qui a vécu quarante ans parmi eux sans entreprendre aucun voyage afin de rechercher le savoir auprès des Perses, des Romains ou des Juifs de Yathrib (plus tard Médine). Et le voilà subitement vint pour leur proposer des paroles versées et rationnelles qui s’adaptent à la connaissance. Or, ils ne trouvent aucune explication à cette sagesse qui coule de sa bouche que des mensonges et des allégations qu’ils inventaient mensongèrement contre lui en disant, parmi ce qu’ils ont inventé : il l’a appris auprès d’un garçon chrétien qui était forgeron travaillant dans la fabrication d’épées à La Mecque et qui avait l’habitude de lire la Torah et l’Évangile dans une langue autre que la langue arabe.
Le Coran a ridiculisé ce mensonge et s’est mis miraculeusement à le réfuter dans le verset suivant : « Nous Savons bien que les [idolâtres] disent : « Ce doit être un homme qui le lui enseigne ! » [Or] la langue de celui qu’ils suspectent [d’être ton inspirateur] est une langue non arabe tandis que [le Coran] est en langue arabe parfaitement claire. » (al-Nahl, les Abeilles, v.103). En bref, ce verset veut dire : comment osent-ils le dire alors que ce forgeron lit dans une langue étrangère et que la langue de Muḥammad (pbAsl) est une langue arabe claire !
 
Il est à souligner que la réfutation coranique de cette accusation n’est constatée que si la raison reconnait un postulat à savoir : ni la Torah ni l’Évangile n’ont été traduites en arabe à cette époque-là. Ce postulat constitue la pierre angulaire à laquelle recourt le Coran pour réfuter cette allégation. Si nous supposons la présence d’une traduction arabe de ces deux Livres divins dans la péninsule arabique à l’époque de Muḥammad (pbAsl), cette inférence aurait dû s’effondre, et les polythéistes auraient dû renverser complètement l’argument du Prophète (pbAsl) et lui dire : vous citez d’après un byzantin qui lit ces livres dans une traduction arabe, et non pas à partir d’un texte non arabe, il n’y a donc aucun argument qui constate ce que vous dites.
 
Vous pourriez, messieurs, méditer la confiance absolue dont il (pbAsl) disposait en faisant face au peuple et en le défiant tout en confirmant l’impossibilité que la langue arabe ait connu une traduction arabe de ces deux Livres à cette époque-là.
À peine avait-on atteint le milieu du XXe siècle, avec ses recherches européennes approfondies sur l’histoire des religions, que les érudits occidentaux spécialistes dans ce domaine ont constaté que la première traduction arabe de la Torah et de l’Évangile parut au moins cent cinquante ans après la mort de Muḥammad (pbAsl). 
Comment alors ce Prophète illettré a-t-il pu avoir cette certitude de ce postulat qu’allaient prouver plus tard les recherches scientifiques au XXe siècle ? En plus, comment les a-t-il confrontés avec une chose pareille qui ne serait argumentée que par une étude exhaustive et rigoureuse de tout ce qui a été écrit en langue arabe dans la péninsule arabique surtout dans les monastères et les temples du Levant, si ce qu’il dit n’était pas une révélation d’Allah à Qui rien n’échappe ni sur la terre ni dans le ciel.
On s’attendait à ce que les premiers versets du Noble Coran éveillent la nature de la croyance en Allah, le Tout-Puissant, car cela constitue le fondement de base dans les religions, voire l’origine sans laquelle rien d’autre n’existe. Cependant, nous avons trouvé que le Coran commence son message aux gens en faisant d’abord sonner les sonneries de la science et de la connaissance dans leurs oreilles et leurs esprits afin de leur faire remarquer ensuite la croyance en Islam est basée en premier lieu sur la « science » et l’examen rationnel, et non pas sur la « soumission sincère du cœur » dépourvue de tout argument et toute déduction rationnelle. 
 

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